Une journée au bureau de Maman

La semaine dernière, c’était encore les vacances scolaires pour notre zone. Du coup, la Mini m’a demandée si elle pouvait aller « au bureau de maman ». Pourquoi pas ? Dans ma boîte, ils sont très kids friendly.


Excitation maximale dès la veille. Après avoir expliqué quinze fois que non, papa et maman ne travaillent pas au même endroit et pas ensemble (Thank God !), après avoir choisi les habits les plus beaux, « ben oui, faut que je sois belle pour aller à ton bureau, donc en robe (normal) », après avoir annoncé à tous les gens croisés dans la rue que aujourd’hui « On va au bureau de maman ! », nous voilà enfin dans la voiture, direction mon boulot.

Ce petit trajet en voiture, c’est l’occasion de mettre les points sur les i. « Tu sais, il y a des les gens travaillent là-bas. Donc on ne fait pas de bruit, on parle doucement… Et tu dis Bonjour, tu fais ta timide qui se cache derrière-moi. » Après quinze « Oui, maman promis », on arrive.

Plutôt confiante sur les capacités de ma loupiote à se tenir correctement, on s’engage dans le bâtiment. Dès l’accueil, plutôt feutré, elle balance un « Bonjour tout le monde ! » bien sonore. HONTE. Moi qui voulais la jouer discrète, c’est mort.

Mais c’est dans l’ascenseur, que ça a vraiment commencé à partir en sucette… Quand elle a appuyé sur tous les boutons, alors qu’un type de la DRH était monté avec nous. HONTE.  Le rouge pivoine me monte aux joues, je souris embarrassée, je gronde la dite enfant (en essayant de pas trop jurer, et de ne pas la menacer des feux de l’enfer si elle cesse pas sur le champ)…

Ça y est, nous sommes arrivées sur mon plateau. Tout le monde s’extasie devant « le petit ange qui fait des sourires et dit bonjour à la ronde » (bon, là, j’avoue je crâne un peu).

Après avoir fait la tournée des bisous auprès de mes collègues et récupéré au passage quelques cadeaux car la finaude sait très bien s’y prendre (je bosse dans une maison de presse/édition pour enfants) pour récupérer des magazines, des bouquins… comme si on en avait pas des containers plein à la maison, je l’installe sur un ordinateur en essayant que ce soit le plus proche de moi possible pour pouvoir contrôler les éventuels dérapages.

Je sors tout mon matos : iPad, DVD de Harry Potter, coloriages, crayons de couleurs… Le kit de survie, quoi. Elle veut Harry Potter (sa nouvelle passion). OK. Je vous passe les 20 minutes pendant lesquelles, avec un type de l’informatique, on a essayé de faire marcher le p*** de DVD qui était coincé dans le Mac de ma collègue et ne voulait plus s’éjecter. Et le type au téléphone qui se marrait avec ses copains « La petite dame, elle arrive pas à faire marcher Harry Potter, y’en a un qui peut aller voir ? » HONTE.

Le DVD finit par marcher. La bête est casquée, en train de réaliser son combo préféré : elle regarde Harry Potter et elle fait des coloriages. (Et après, on va s’étonner qu’elle ait des problèmes de concentration cette enfant ! Mais que font les parents ?!)

Une de mes collègues passe gentiment la voir et lui demande innocemment « Tu regardes quoi ? ». NON ! Ne fais pas ça !!! Ne lui demande pas ça !!! Trop tard. Voilà ma poupette, casque sur la tête, ne se rendant donc pas compte de son propre niveau sonore, partie dans une explication détaillée de l’histoire d’Harry Potter.  « ALORS, TU VOIS, HARRY POTTER, IL VA À POUDLARD. C’EST UNE ÉCOLE POUR LES SORCIERS, J’AIMERAI TROP Y ALLER MOI AUSSI… » Je vous passe les détails, ça a duré 10 minutes. Tout le monde souriait, mais au bout d’un moment, quelqu’un d’un plateau communiquant au nôtre a balancé un « Ta gueule Harry Potter, j’vais te faire bouffer ton balai ! » HONTE.

(Ça fait une semaine que j’essaie de découvrir qui est le sagouin qui a lancé ça. Je mène l’enquête…)

C’était le signal pour moi qu’il fallait vraiment qu’elle la mette en veilleuse. Je lui ai donc proposé un petit tour aux toilettes, histoire de mettre les choses au point dans l’intimité. Je lui chuchote : « Viens ma chérie, on va faire un petit pipi ». Et elle de crier : « Et peut-être un caca, on sait jamais ! ». HONTE.

Bon, la demi-journée (oui, j’ai pas pris l’option journée entière, je suis pas cinglée), ne s’est pas trop mal finie, car elle était crevée et a commaté dans un coin.

Dans la voiture en rentrant, elle m’a lancé : « C’est chouette ton bureau, ils sont gentils les gens. Mais bon, toi, je trouve que tu travailles pas beaucoup… » Si j’avais pas passé la matinée à tenter de la bâillonner, j’aurai effectivement pu bosser un peu.

Le lendemain matin, à peine réveillée, elle m’a direct demandé si on retournait au bureau aujourd’hui. NON ! FINITO le bureau de maman. CAPITO ?

Une fois par an, c’est amplement suffisant. À l’année prochaine.

PS : du coup, le lendemain, elle est allée au bureau de son père, s’est pris une baie vitrée dans la figure et a hurlé à la mort pendant 20 minutes. Finalement, avec mon Harry Potter, j’étais pas si mal…

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