Recette express pour diner entre amis de dernière minute (ou femme sans tête)

Hier soir, vers 19h moins des brouettes, j’étais rue Lecourbe. Je courais, échevelée, pour aller récupérer mes enfants, et je réfléchissais intensément à l’excuse en béton que j’allais pouvoir servir à la nounou pour expliquer mon retard (le métro bloqué entre deux stations « pendant au moins 20 minutes », je l’avais déjà donnée 2 fois en 8 jours, je cherchais plus créatif).

Sur ce, le téléphone sonne.
J’hésite à faire la sourde oreille, je regarde, c’est mon mari. Il me demande quel vin (« je prends du rouge ou du blanc ? ») il doit prévoir pour ce soir. Ce soir, quoi ce soir ? Mon cerveau marche à 100 à l’heure comme d’habitude. Flûûûûûte (en vrai, ce n’est pas vraiment ça que je me suis dit, mais je suis habituée à me censurer même en pensée depuis que mon fils va à l’école). Je me souviens vaguement que le matin, alors que je partais pour l’école et que je n’avais même pas eu le temps d’avaler mon thé, il m’a rappelé que 4 de ses potes du boulot venaient diner. Mais ce n’était pas du jeu, parce que d’une part, quand j’avais dit oui, c’était le week end dernier en Camargue, il était tard, et j’avais bu 3 verres (ou 4, ne chipotons pas) de ce petit Tariquet qui m’a bien plu, et que d’autre part, me rappeler des trucs le matin alors que je n’ai PAS BU MON THE, vraiment il me connait assez pour savoir que cela ne sert à rien.
Je prends l’air du lapin pris dans la lumière des phares (mais cela ne se voit pas, au téléphone), je marmonne « un petit blanc sympa sera parfait », au hasard, et je raccroche en regardant furtivement à droite, puis à gauche. A droite, une poissonnerie. Ca tombe bien, c’est celle où je vais d’habitude. J’y fonce sans réfléchir. J’observe les filets de poisson, le cerveau toujours en ébullition, je regarde ma montre, de nouveau les filets de poisson, et une lumière déchirante me traverse l’esprit. Je repense à cette recette de poisson cru « à la tahitienne » qu’une copine globetrotteuse m’a refilée et que je garde dans un coin parce que « cela ne prend que quelques minutes ». « Tu sers ça avec du riz, et basta, ton diner est prêt », qu’elle m’avait dit. Exactement ce qu’il me fallait. En plus, le poisson cru, c’est bon, c’est frais, et avec un peu de chance, quand les gens sont mariés, la recette « à la tahitienne », ça leur rappelle leur voyage de noces. Plus que les sushis en tout cas. Et c’est encore plus pointu que le ceviche argentin.

Si vous êtes comme moi la femme sans tête (mais pas sans cerveau hein), ou si vous êtes un peu débordée en ce moment, ou si vous aimez juste le concept du diner canon prêt en ¼ d’heure, je vous donne la recette. Bon, cela suppose quand même d’avoir aussi le lait de coco (mais moi depuis que je fais du poulet sauté à la thaï j’en ai toujours en réserve), et des citrons verts (mais c’est une bonne idée d’en acheter d’avance, l’été approche, pensez aux caipirinhas… ;-))
Pour le dessert, je vous avoue en toute simplicité que je suis lâchement allée faire un tour chez mon voisin, qui m’a gentiment dépannée (il s’appelle Pierre Hermé, et il a une boutique rue de Vaugirard, ça aide).

Poisson cru à la tahitienne

Filets de poisson crus (comptez 180g par personne environ)
6 citrons verts
2 tomates (ou 3, si elles sont petites)
3 carottes
½ concombre (ou un peu plus, si vous aimez !)
6 grosses cuillérées à soupe de lait de coco

Choisir des filets de différents poissons : thon (obligatoire), daurade, cabillaud… chez le poissonnier (demandez-lui conseil).

Coupez les filets en morceaux de 4 cm (ou plus) sur 1 cm de largeur environ. Rincer à l’eau préalablement salée (ou à l’eau de mer, si vous en avez sous la main !)
Versez le jus de 6 citrons verts salé, ajoutez un oignon émincé finement, mélangez bien à la main. Ajoutez le lait de coco, mélangez vivement. Ajoutez les tomates et le concombre coupés en petits dés, et les carottes rapées. C’est prêt. Servez avec du riz. Prenez l’air modeste quand la pluie de compliments s’abattra sur vous.

Remarque : normalement il ne faut pas attendre trop longtemps avant de servir  (sinon le poisson cuit trop dans le citron), mais si vous le faites (un peu) à l’avance, mettez seulement le citron, laissez mariner  ½ heure ou ¾ d’heure au frais, et ajoutez le lait de coco (qui compense l’acidité du citron) peu de temps (genre 5 minutes) avant de servir, sans oublier de rectifier l’assaisonnement (sel et poivre).

3 commentaires pourRecette express pour diner entre amis de dernière minute (ou femme sans tête)

  • et alors ils ont aimé??
    ca donne envie en tout cas:)

  • Oui oui oui on veut savoir, ils ont aimé???? et la nounou, quelle a été l’excuse????

  • Estelle

    Bon alors les invités ont adoré, en plus en apéro j’ai fait des ti-punch avec les citrons verts qui restaient, alors j’étais pile dans le thème (ils ont dû penser que j’avais peaufiné le concept toutes la journée ;-) ) et la soirée était plus que joyeuse ! Pour la nounou finalement je n’ai pas eu grand chose à dire, je suis arrivée rouge et essouflée avec mon sac de poisson en disant que j’avais oublié que mon mari avait invité ses collègues, donc elle a été plutôt compatissantee, ouf !

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